La coopération judiciaire entre le Maroc et la Belgique franchit une nouvelle étape avec la visite officielle de Annelies Verlinden à Rabat. Au-delà de la question du transfert des détenus marocains condamnés en Belgique, les discussions portent également sur le renforcement de la lutte contre la criminalité organisée transnationale.
La ministre belge de la Justice doit rencontrer son homologue marocain, Abdellatif Ouahbi, afin d’examiner plusieurs dossiers liés à la coopération pénale, à l’entraide judiciaire et à la sécurité. Bruxelles souhaite notamment accélérer les procédures permettant aux détenus marocains de purger leur peine dans leur pays d’origine, une mesure présentée comme un moyen de réduire la pression sur les établissements pénitentiaires belges.
Selon les autorités belges, près de 10 % de la population carcérale du pays est de nationalité marocaine. Plusieurs dossiers de transfèrement ont déjà été constitués ces derniers mois dans le cadre des accords de coopération existants entre les deux États.
La visite s’inscrit toutefois dans un agenda plus large. Les deux ministres doivent également aborder la lutte contre les réseaux internationaux de trafic de stupéfiants, le blanchiment d’argent et les mécanismes destinés à renforcer l’échange d’informations entre les autorités judiciaires des deux pays.
Les discussions devraient également porter sur les procédures de saisie et de confiscation des avoirs criminels, considérées comme un levier essentiel pour affaiblir les organisations criminelles opérant entre l’Europe et l’Afrique du Nord. Les autorités belges souhaitent approfondir la coopération juridique dans ce domaine afin d’améliorer l’efficacité des enquêtes transfrontalières.
La collaboration entre Rabat et Bruxelles sur les questions judiciaires remonte à plusieurs décennies. Des accords successifs ont progressivement élargi les possibilités de transfèrement des détenus et renforcé les mécanismes d’assistance pénale mutuelle, dans un contexte marqué par l’intensification de la lutte contre les réseaux criminels internationaux.
Cette visite intervient alors que le Maroc multiplie les opérations visant des individus recherchés par plusieurs pays européens, consolidant ainsi son rôle de partenaire stratégique dans les dispositifs internationaux de sécurité et de coopération judiciaire.





