Rabat accueille depuis lundi la première édition du Forum arabe de haut niveau des industries culturelles et créatives (ICC), un rendez-vous qui ambitionne de placer l’économie créative au cœur des stratégies de développement dans le monde arabe. Organisé par le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication en partenariat avec l’Organisation arabe pour l’éducation, la culture et la science (ALECSO), l’événement réunit pendant trois jours responsables institutionnels, experts, artistes, entrepreneurs et acteurs du numérique autour des nouveaux modèles culturels émergents.
Placée sous le thème « L’investissement dans la créativité, un investissement dans l’avenir », cette rencontre veut ouvrir le débat sur la capacité des industries culturelles à devenir un moteur économique durable dans la région. Cinéma, musique, patrimoine, design, arts numériques ou encore contenus digitaux figurent parmi les secteurs ciblés par les discussions et les panels programmés durant cette édition inaugurale.
Dans son intervention d’ouverture, le ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, Mohamed Mehdi Bensaid, a souligné que le Maroc mise de plus en plus sur les industries culturelles et créatives comme levier de développement économique, d’emploi et de rayonnement international. Il a également rappelé que cette orientation s’inscrit dans la dynamique impulsée sous la conduite de Mohammed VI pour renforcer la coopération culturelle arabe et soutenir les nouveaux métiers liés à la création.
Le responsable marocain a insisté sur le fait que les ICC ne sont plus uniquement associées à la production artistique, mais représentent désormais un secteur capable de générer de la valeur, d’attirer des investissements et de renforcer l’image des pays à l’international. Cette évolution s’accompagne d’une transformation numérique qui pousse les États arabes à repenser leurs politiques culturelles et leurs mécanismes de financement.
De son côté, le directeur général de l’ALECSO, Mohamed Ould Amar, a plaidé pour une intégration accélérée des technologies numériques et de l’intelligence artificielle dans les différentes étapes de la chaîne créative, de la production jusqu’à la diffusion et l’évaluation des contenus. Selon lui, les pays arabes doivent également renforcer les cadres juridiques liés aux droits d’auteur, soutenir les startups culturelles et développer des infrastructures capables d’accompagner la montée en puissance des industries créatives.
Même constat du côté de la Mauritanie. Le ministre mauritanien de la Culture, des Arts, de la Communication et des Relations avec le parlement, El Houssein Ould Meddou, a estimé que les industries culturelles sont devenues un enjeu de souveraineté économique et culturelle nécessitant une collaboration étroite entre l’État, le secteur privé, les universités, les médias et les créateurs.
Au-delà des discours institutionnels, le Forum veut surtout favoriser les partenariats entre investisseurs, entrepreneurs culturels et artistes du monde arabe. Les organisateurs cherchent à faire émerger un modèle régional intégré capable de soutenir la création locale tout en améliorant la présence des contenus arabes sur les marchés internationaux.
