L’industrie aéronautique marocaine franchit une nouvelle étape dans son développement en s’orientant vers des activités à plus forte valeur ajoutée. Longtemps concentrée sur la sous-traitance industrielle, la filière s’impose désormais comme un pôle technologique capable de produire des composants complexes destinés aux principaux constructeurs et équipementiers mondiaux.
Cette transformation est portée par l’arrivée et l’expansion de groupes internationaux majeurs. À Midparc, véritable cœur de l’écosystème aéronautique national, plusieurs acteurs de premier plan renforcent leurs investissements. Parmi eux figurent Airbus, Hexcel, Thales, ainsi que le motoriste américain Pratt & Whitney, qui a récemment inauguré une nouvelle unité industrielle au Maroc.
Le groupe français Daher prévoit également de transférer une partie de sa production destinée aux programmes Airbus vers son site de Tanger. Cette opération illustre la confiance croissante des industriels internationaux dans les capacités du Royaume à accueillir des activités de production avancées.
L’écosystème bénéficie également du développement continu de Safran, qui renforce au Maroc la fabrication de composants stratégiques, notamment dans le domaine des trains d’atterrissage. Ces équipements figurent parmi les systèmes les plus exigeants de l’industrie aéronautique en matière de qualité, de sécurité et de certification.
Aujourd’hui, la filière aéronautique marocaine regroupe près de 155 entreprises, génère environ 3 milliards de dollars d’exportations et emploie quelque 27.000 personnes. Les professionnels du secteur affichent désormais un objectif ambitieux : doubler les exportations au cours des cinq prochaines années grâce à une croissance annuelle soutenue.
Cette dynamique soulève toutefois un nouveau défi. Le succès des plateformes industrielles, notamment à Nouaceur, entraîne une pression croissante sur les disponibilités foncières. Les autorités et les opérateurs du secteur travaillent ainsi à l’identification de nouvelles réserves pour accompagner l’expansion future de l’industrie.
Au-delà des avantages fiscaux proposés aux investisseurs, les professionnels considèrent désormais que l’atout majeur du Maroc réside dans son capital humain. La disponibilité d’ingénieurs, de techniciens spécialisés et de compétences adaptées aux exigences de l’aéronautique apparaît comme le principal facteur de compétitivité pour attirer les projets industriels de nouvelle génération.





