Une importante procédure judiciaire impliquant des activités bancaires transfrontalières entre le Maroc et la Belgique vient de connaître son épilogue. La Banque Centrale Populaire (BCP), sa filiale française Banque Chaabi du Maroc ainsi que plusieurs responsables ont conclu un accord avec le parquet fédéral belge, mettant un terme à des poursuites portant sur des faits remontant à près de deux décennies.
L’accord prévoit le versement d’un montant total dépassant 175 millions d’euros. Cette transaction pénale permet d’éteindre l’action publique sans qu’un procès ne soit mené à son terme. Le mécanisme, prévu par la législation belge, est régulièrement utilisé dans les dossiers économiques et financiers complexes afin de clore les poursuites moyennant le paiement d’une somme négociée avec les autorités judiciaires.
L’affaire concernait des activités exercées entre 2003 et 2022. Selon les éléments communiqués par le parquet fédéral, les entités visées faisaient l’objet d’investigations liées à l’exercice présumé d’activités bancaires, de crédit et d’assurance en dehors du cadre réglementaire applicable sur le territoire belge.
Ce dossier revêt une dimension particulière en raison de l’importance de la Banque Centrale Populaire dans le paysage financier marocain et de sa présence historique auprès des Marocains résidant à l’étranger. Depuis plusieurs années, les établissements bancaires opérant à l’international font face à un renforcement des exigences réglementaires, notamment en matière de conformité, de supervision et de protection des consommateurs.
La conclusion de cette transaction intervient dans un contexte où les autorités européennes multiplient les contrôles sur les activités financières transfrontalières. Les établissements bancaires sont désormais soumis à des obligations plus strictes concernant l’exercice de certains services dans différents pays de l’Union européenne, qu’il s’agisse de produits bancaires, de crédit ou d’assurance.
Pour la Banque Centrale Populaire, cet accord ouvre une nouvelle phase après plusieurs années de procédure. Le groupe bancaire figure parmi les principaux acteurs financiers du Maroc et joue un rôle majeur dans les transferts financiers réalisés par la diaspora marocaine établie en Europe.
L’annonce de cet accord attire également l’attention sur l’évolution du cadre réglementaire qui encadre les activités des banques internationales. Les exigences de conformité sont devenues un enjeu stratégique pour les institutions financières opérant sur plusieurs marchés, dans un environnement marqué par une surveillance accrue des autorités de contrôle et de justice.
La transaction conclue avec le parquet fédéral belge met ainsi un terme à l’un des dossiers les plus significatifs impliquant un établissement bancaire marocain à l’étranger au cours des dernières années.





