Les transferts d’argent des Marocains résidant à l’étranger constituent l’un des principaux soutiens de l’économie nationale. Pourtant, une évolution réglementaire au sein de l’Union européenne pourrait compliquer les activités des banques marocaines implantées sur le continent et affecter leur rôle d’intermédiaire auprès des MRE.
Selon Abdellatif Jouahri, les nouvelles dispositions européennes trouvent leur origine dans les réformes mises en place après le Brexit. Initialement conçues pour encadrer l’accès des établissements financiers britanniques au marché européen, elles concernent désormais également les banques marocaines opérant dans plusieurs pays de l’Union.
Ces établissements jouent pourtant un rôle stratégique pour les Marocains établis à l’étranger. Ils facilitent l’ouverture de comptes, les opérations bancaires courantes et surtout les transferts de fonds vers le Maroc, qui représentent chaque année plusieurs dizaines de milliards de dirhams.
Face à cette situation, Bank Al-Maghrib a mis en place un dispositif de concertation réunissant les ministères concernés, les principales banques marocaines présentes en Europe ainsi que les autorités financières nationales. L’objectif est d’éviter toute perturbation dans les flux financiers entre les MRE et le Royaume.
Les discussions engagées avec les institutions européennes ont révélé une difficulté supplémentaire : l’application de cette réglementation dépend désormais de chaque État membre. Le Maroc doit donc mener des négociations distinctes avec les différents pays concernés, à commencer par la France, qui accueille l’une des plus importantes communautés marocaines à l’étranger.
Malgré la complexité du dossier, les autorités marocaines affichent un certain optimisme. Les échanges en cours devraient permettre de trouver des solutions adaptées afin de préserver les intérêts des MRE et garantir la continuité des services bancaires qui leur sont destinés.
À ce stade, aucun impact concret n’est observé sur les transferts de fonds. Ceux-ci continuent même d’afficher une progression, confirmant le rôle essentiel de la diaspora marocaine dans le soutien à l’économie du Royaume.





