L’Espagne demande au Maroc d’ouvrir une enquête sur les circonstances ayant conduit à la récente arrivée massive de migrants à Sebta. Madrid souhaite faire toute la lumière sur le rôle éventuel des réseaux de traite ou des personnes ayant facilité ces tentatives de passage vers l’enclave espagnole.
La ministre espagnole de la Défense, Margarita Robles, a lancé cet appel lors d’une visite à la base aérienne de Saragosse. Elle a estimé que les autorités devaient identifier les responsables des traversées et lutter contre les organisations criminelles impliquées dans le trafic de migrants.
Selon la responsable espagnole, les drames survenus autour de Sebta ne peuvent être réduits à une simple question de contrôle des frontières. Elle a souligné que l’Espagne et le Maroc avaient une responsabilité commune face à la dimension humaine de cette crise migratoire et qu’il était indispensable d’établir les circonstances exactes des événements.
Margarita Robles a également élargi son appel à Melilia, estimant que les incidents enregistrés dans les deux enclaves espagnoles devaient faire l’objet d’investigations afin de déterminer les éventuelles responsabilités des différents acteurs impliqués.
Cette prise de position intervient alors que les tensions migratoires restent élevées autour de Sebta et Melilia, principales portes d’entrée terrestres entre l’Afrique et l’Union européenne. Les autorités espagnoles cherchent à renforcer la coopération avec le Maroc pour limiter les départs irréguliers et démanteler les réseaux de trafic d’êtres humains.
Ces déclarations interviennent quelques jours après plusieurs épisodes marqués par des tentatives de franchissement vers Sebta. Les autorités marocaines ont de leur côté réaffirmé leur engagement dans la lutte contre les réseaux de migration irrégulière, tout en soulignant que le phénomène est alimenté par les passeurs, la désinformation diffusée sur les réseaux sociaux et les difficultés socio-économiques qui poussent certains candidats à l’exil.
La coopération entre Rabat et Madrid demeure un élément central de la gestion des flux migratoires en Méditerranée occidentale, un dossier qui continue de mobiliser les deux pays dans un contexte de pression persistante aux frontières.





