Le marché immobilier marocain a entamé 2026 sur une note de repli en termes réels. Selon les dernières données de la Banque des règlements internationaux (BRI), les prix réels des logements au Maroc ont diminué de 1 % sur un an au premier trimestre.
Cette évolution place le Maroc parmi les marchés résidentiels ayant enregistré une baisse au cours de la période, dans un contexte international lui-même marqué par un recul des prix réels. À l’échelle mondiale, la contraction atteint 1,2 %, contre 0,5 % au trimestre précédent.
Le chiffre publié pour le Maroc doit toutefois être lu à la lumière de la distinction entre prix nominaux et prix réels. La BRI calcule ces derniers en corrigeant les prix immobiliers nominaux de l’évolution des prix à la consommation. À l’échelle mondiale, les prix nominaux du logement ont au contraire progressé de 1,7 % sur la période.
Le Maroc évolue ainsi dans une configuration différente de plusieurs grands marchés émergents. Le Brésil affiche une progression réelle de 5 %, le Mexique de 4 % et l’Afrique du Sud de 3 %. La Turquie, en revanche, enregistre une baisse de 3 %.
La tendance internationale montre surtout une forte divergence entre les régions. Dans les économies avancées, les prix réels ont légèrement reculé de 0,2 %, une première baisse depuis le troisième trimestre 2024. Les économies émergentes ont connu une correction plus importante, à –2 %, notamment sous l’effet du marché asiatique.
L’Asie émergente affiche ainsi une baisse de 4,3 %, tandis que l’Amérique latine progresse de 5 % et les autres économies émergentes de 3,2 %. La BRI souligne que ces écarts régionaux constituent une tendance régulièrement observée ces dernières années.
Derrière les moyennes mondiales, les situations nationales restent très contrastées. Le Portugal enregistre l’une des plus fortes hausses, avec 15 %, devant la Macédoine du Nord à 13 % et la Bulgarie à 11 %. À l’opposé, la Chine et le Canada accusent chacun une baisse réelle de 7 %, tandis que la Nouvelle-Zélande recule de 4 %. Les États-Unis et le Royaume-Uni enregistrent pour leur part une contraction de 2 %.
L’évolution chinoise pèse particulièrement sur les statistiques asiatiques. Les prix réels du logement y ont chuté de 7 % au premier trimestre, contre une baisse de 3 % en Indonésie. L’Inde affiche une progression de 1 %, alors que la Thaïlande et les Philippines avancent de 2 %.
À plus long terme, la photographie du marché immobilier mondial est toutefois moins homogène. Depuis le quatrième trimestre 2019, juste avant la pandémie de Covid-19, les prix réels du logement n’ont progressé que de 2,7 % à l’échelle mondiale. Les écarts sont considérables entre pays du G20 : la Turquie affiche une hausse spectaculaire de 105 %, contre 23 % pour l’Australie, 22 % pour le Mexique et 18 % pour les États-Unis.
La Chine se trouve dans la situation inverse, avec une baisse réelle de 22 % par rapport à la période précédant la pandémie. Le Canada recule de 9 % et l’Indonésie de 8 %.
Sur une période de près de vingt ans, les prix immobiliers mondiaux restent néanmoins supérieurs de 20 % en termes réels à leurs niveaux observés à la sortie de la crise financière de 2007-2009. La Turquie, l’Inde et les États-Unis figurent parmi les marchés ayant connu les plus fortes progressions, tandis que l’Italie et la Chine restent nettement en dessous de leurs niveaux de l’après-crise.





