Marrakech accueille depuis mardi la deuxième édition des Cyber Games et du Défi de sécurité numérique, un événement international réunissant près de 160 spécialistes issus des forces de l’ordre et du secteur de la cybersécurité. Organisée conjointement par le Conseil de l’Europe, INTERPOL, la Direction Générale de la Sûreté Nationale et la Direction générale de la sécurité des systèmes d’information, cette compétition se tient pour la première fois sur le continent africain.
Le choix du Maroc illustre la montée en puissance des pays africains dans la lutte mondiale contre la cybercriminalité et l’importance croissante de la coopération internationale face aux menaces numériques transfrontalières. Cette édition 2026 marque la deuxième étape d’un programme international conçu pour renforcer les compétences des professionnels confrontés à des cyberattaques toujours plus sophistiquées.
Près de 400 participants avaient pris part aux phases de présélection organisées en ligne avant que les meilleurs profils ne soient retenus pour la phase finale disputée à Marrakech. Des experts venus d’Afrique, d’Europe, d’Asie, du Moyen-Orient et des Amériques participent à cette rencontre axée sur la cybersécurité opérationnelle et les enquêtes numériques.
À cette occasion, Mohamed Dkhissi, également Directeur central de la Police judiciaire à la Direction Générale de la Sûreté Nationale, a souligné que cette compétition constitue une plateforme internationale d’échange d’expertises et de bonnes pratiques à travers des simulations réalistes et des exercices pratiques destinés à améliorer la préparation des participants face aux défis du cyberespace.
Il a rappelé que cette initiative intervient dans un contexte mondial marqué par l’accélération des transformations numériques et la multiplication des menaces cybernétiques visant aussi bien les individus que les institutions et les infrastructures critiques.
De son côté, Abdellah Boutrig, Directeur général de la Direction générale de la sécurité des systèmes d’information, a insisté sur la nécessité d’adopter une approche intégrée face à une cybercriminalité devenue hautement structurée et technologiquement avancée. Il a notamment plaidé pour un renforcement des mécanismes de veille, de prévention et de coopération internationale afin de consolider la résilience numérique des institutions.
Le Chef du Bureau des Programmes sur la Cybercriminalité du Conseil de l’Europe, Virgil Spiridon, a pour sa part mis en garde contre l’utilisation croissante des communications cryptées, des monnaies virtuelles et des modèles de « crime-as-a-service » dans les attaques visant des infrastructures critiques.
Pendant trois jours, les équipes participantes prendront part à des scénarios d’enquête simulés et à des exercices collaboratifs centrés sur l’attribution des cyberattaques, la coopération internationale et la gestion des incidents numériques complexes.





