Réforme de la Moudawana : les Marocaines d’Europe réclament une adaptation du droit familial

La réforme du Code de la famille continue de susciter un important débat au sein de la diaspora marocaine. Des Marocaines établies en Belgique, en France et en Royaume-Uni appellent à une refonte de la Moudawana prenant davantage en compte les réalités vécues par les familles marocaines installées à l’étranger. Une consultation menée par le Moroccan Women Leaders Network met en lumière plusieurs revendications autour de l’égalité, de la protection juridique et de l’adaptation des règles familiales aux contextes transnationaux.

L’étude souligne que de nombreuses Marocaines vivant en Europe restent directement concernées par le droit marocain à travers les questions de mariage, de divorce, d’héritage, de garde des enfants ou encore de nationalité. Malgré leur installation à l’étranger, les procédures administratives et familiales continuent souvent de dépendre de la législation marocaine, créant parfois des situations complexes entre plusieurs systèmes juridiques.

Parmi les principales attentes exprimées figure la protection du logement familial, considérée comme une priorité majeure par les participantes. Les femmes interrogées souhaitent également une meilleure reconnaissance du travail domestique et des contributions économiques réalisées au sein du foyer, notamment dans les cas de séparation ou de divorce.

Les questions liées à l’héritage, aux droits patrimoniaux des femmes et à la protection des filles apparaissent également au cœur des préoccupations. Plusieurs répondantes plaident pour une évolution du cadre juridique afin d’assurer une plus grande équité dans la gestion des biens familiaux et des successions, particulièrement dans les contextes où les patrimoines et les héritiers sont répartis entre plusieurs pays.

La consultation met aussi en avant les inquiétudes liées à la polygamie, au consentement dans le mariage ainsi qu’aux procédures de divorce. Les participantes demandent un encadrement plus strict des pratiques jugées incompatibles avec les principes d’égalité qu’elles vivent dans leurs pays de résidence.

Les problématiques de garde des enfants, de pensions alimentaires et d’autorité parentale occupent également une place centrale dans les revendications. Les Marocaines interrogées souhaitent notamment une meilleure prise en compte des réalités liées aux familles transnationales, aux déplacements internationaux et aux procédures administratives entre le Maroc et l’Europe.

À travers cette enquête, le Moroccan Women Leaders Network estime que la future réforme de la Moudawana ne pourra répondre aux attentes de la société marocaine sans intégrer pleinement les réalités des Marocains du monde. L’organisation considère que les évolutions du droit familial doivent désormais refléter la diversité des parcours, des modèles familiaux et des défis rencontrés par les diasporas marocaines.

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