Dans une ville déjà ancrée dans l’imaginaire cinématographique mondial, la première édition du Festival International Universitaire du Film de Ouarzazate a marqué une étape symbolique : celle de l’émergence d’une scène universitaire qui cherche désormais sa place dans l’écosystème du cinéma international.
Pendant trois jours, Ouarzazate a vibré au rythme de projections, d’ateliers et de rencontres, avant de refermer cette édition inaugurale par une cérémonie de remise de prix qui a mis en lumière des talents venus de plusieurs horizons. Deux compétitions structuraient l’événement : une sélection officielle ouverte à l’international et une section dédiée aux productions universitaires locales.
Dans la compétition principale, le Grand Prix a été attribué au film “Cats” du réalisateur serbe Danilo Stanimirovic, également récompensé pour son scénario. D’autres performances ont marqué le palmarès, notamment celle de Laura Obach, sacrée meilleure actrice, et de Rolando Boyce, distingué côté masculin. Le jury a également mis en avant des œuvres comme “Henna” du réalisateur marocain Azzedine El Ouardi, preuve d’une présence nationale affirmée dans la sélection.
Côté universitaire, le festival a joué pleinement son rôle de tremplin. Le film “Zoe” de Khalid Asrarfi a été primé, tandis que le documentaire “Tifawt N’toudert” de Abdelkrim Habra s’est distingué, illustrant la diversité des approches narratives portées par les jeunes créateurs.
Au-delà du palmarès, l’événement a mis l’accent sur la formation et la transmission. Ateliers, masterclasses et échanges avec des professionnels ont permis aux étudiants d’explorer les mutations actuelles du secteur, notamment l’impact des technologies numériques et de l’intelligence artificielle sur la création cinématographique. Pour Nabil Safaj, le bilan est clair : cette première édition a réussi à créer un espace d’apprentissage et de visibilité pour une nouvelle génération.
Le festival a également intégré une dimension diplomatique et culturelle en mettant à l’honneur le cinéma japonais, dans le cadre des 70 ans de relations entre le Maroc et le Japon. Une programmation spéciale est venue renforcer cette ouverture internationale, confirmant l’ambition du rendez-vous de dépasser le cadre local.
Porté par la Faculté polydisciplinaire de Ouarzazate et la Fondation Ouarzazate Film Créatif, avec le soutien d’acteurs institutionnels dont le Centre Cinématographique Marocain, l’événement s’inscrit dans une stratégie plus large : faire de Ouarzazate non seulement un lieu de tournage, mais aussi un incubateur de talents.





