La Commission européenne envisage de modifier les règles des visas Schengen de court séjour. Pour les demandeurs marocains, cette réforme pourrait modifier les conditions d’accès aux visas à entrées multiples, les délais de traitement et les frais de dossier.
La procédure européenne est entrée dans une phase de consultation. Lancée le 8 septembre, elle doit recueillir les avis des acteurs concernés jusqu’au 6 octobre 2026. Une proposition législative pourrait ensuite être présentée au premier trimestre 2027.
Aucune nouvelle mesure n’est toutefois applicable à ce stade. Les demandeurs marocains restent soumis aux règles actuellement en vigueur.
Des frais supplémentaires pourraient s’ajouter
Parmi les pistes étudiées figure la création d’une contribution financière harmonisée au niveau européen. Cette somme pourrait s’ajouter aux frais existants, mais son montant et ses modalités n’ont pas encore été précisés.
Le tarif de référence d’un visa Schengen de court séjour reste fixé à 90 euros pour les adultes.
Une éventuelle hausse des coûts suscite une attention particulière au Maroc. Les demandeurs doivent déjà prendre en compte les frais de dépôt, l’assurance voyage, les traductions et certaines dépenses liées aux réservations. Ces coûts peuvent être engagés avant même la décision consulaire.
Des visas plus longs pour les voyageurs réguliers
La Commission européenne souhaite également examiner le fonctionnement des visas à entrées multiples. L’objectif est notamment de rapprocher les pratiques des différents États membres et de faciliter les déplacements des voyageurs considérés comme fiables.
Selon les modalités qui pourraient être retenues, certains demandeurs pourraient accéder à des visas de plus longue durée. Les critères d’éligibilité et les conditions précises restent à définir.
Cette évolution pourrait intéresser les Marocains qui se rendent régulièrement en Europe pour des raisons familiales, professionnelles ou commerciales. Elle ne constitue toutefois pas encore un droit nouveau.
Les entreprises pourraient bénéficier de procédures accélérées
Le projet de réforme concerne aussi les déplacements professionnels. Bruxelles étudie un système de reconnaissance d’entreprises préalablement vérifiées.
Les salariés de ces entreprises pourraient bénéficier de plusieurs facilités. Parmi les options évoquées figurent des rendez-vous prioritaires, des délais de traitement réduits et une simplification de certains justificatifs.
Le fonctionnement exact de ce dispositif dépendra des décisions prises au terme de la consultation et du processus législatif.
Près de 620 000 demandes déposées au Maroc en 2025
Les enjeux de cette réforme sont importants pour les demandeurs marocains. Selon les données européennes citées pour 2025, les consulats et centres de dépôt au Maroc ont enregistré 619 827 demandes de visa Schengen.
Parmi ces dossiers, 114 320 ont fait l’objet d’un refus, soit un taux de 19,2 %. Ces chiffres illustrent l’ampleur des démarches engagées par les voyageurs marocains et les difficultés rencontrées par une partie des demandeurs.
La question du refus reste au cœur des préoccupations. Les frais engagés dans une demande ne sont pas nécessairement récupérables lorsque le visa est refusé.
La prochaine étape sera la fin de la consultation européenne, suivie de l’éventuelle présentation d’un texte législatif en 2027. Toute modification devra ensuite franchir les différentes étapes de la procédure européenne avant une éventuelle entrée en vigueur.




