Le Maroc s’est imposé comme un débouché majeur pour les ferrailles européennes. Au premier semestre 2026, les importations en provenance de l’Union européenne ont atteint 1,08 million de tonnes, soit une hausse de 44,9 % sur un an.
Ce niveau place le marché marocain parmi les principales destinations des ferrailles européennes en dehors de l’espace OCDE. Il représente près de 8 % des 13,76 millions de tonnes expédiées par les Vingt-Sept vers les marchés extérieurs durant les six premiers mois de l’année.
La progression marocaine dépasse largement celle enregistrée pour l’ensemble des exportations européennes, qui ont augmenté de 10,3 % sur la même période. En moyenne, les volumes destinés au Maroc ont ainsi approché 180 000 tonnes par mois.
Cette dynamique intervient alors que Bruxelles prépare une nouvelle réglementation susceptible de modifier les conditions d’accès du Maroc aux déchets métalliques européens.
Le changement doit entrer en vigueur le 21 mai 2027. À cette date, l’Union européenne prévoit de renforcer les restrictions concernant l’expédition de déchets non dangereux vers les pays ne relevant pas de la décision de l’OCDE.
Les pays concernés pourront toutefois continuer à recevoir certaines catégories de déchets si elles figurent sur une liste approuvée par la Commission européenne. Une première liste doit être établie avant le 21 novembre 2026.
Pour le Maroc, la question est particulièrement sensible. Le Royaume a officiellement demandé à maintenir l’accès à plusieurs flux de déchets européens. Sa demande concerne notamment les déchets de fer et d’acier ainsi que différentes catégories de métaux non ferreux.
Le dossier marocain a été transmis à Bruxelles en mars 2025. Des informations complémentaires ont ensuite été communiquées jusqu’en avril 2026.
Mais le projet de règlement publié par la Commission européenne le 18 septembre ne comprend pas, à ce stade, les déchets métalliques parmi les catégories pouvant continuer à être exportées vers le Maroc.
Bruxelles estime que les éléments fournis ne permettent pas encore de vérifier que toutes les conditions exigées pour le traitement de ces déchets sont satisfaites. Cette position reste provisoire puisque le texte est toujours soumis à consultation.
Pour les industriels marocains, l’évolution du dossier européen pourrait avoir des conséquences sur l’approvisionnement en matière première secondaire. La ferraille constitue en effet une ressource utilisée par l’industrie sidérurgique et contribue au fonctionnement des filières de recyclage des métaux.
Le marché européen devra également absorber ou rediriger les volumes qui ne pourraient plus prendre la direction du Maroc. La Turquie, qui bénéficie d’un cadre différent en tant que membre de l’OCDE, pourrait notamment rester une destination importante.
L’Égypte figure elle aussi parmi les grands acheteurs. Ses importations de ferrailles européennes ont atteint 2,12 millions de tonnes au premier semestre, avec une progression de 59,7 %.
Le calendrier européen sera donc déterminant dans les prochains mois. Bruxelles doit encore arrêter sa liste des destinations autorisées, tandis que le Maroc cherche à préserver un flux commercial qui a fortement progressé en 2026.




