Sur la côte atlantique du sud du Maroc, le chantier du futur port Dakhla Atlantique devient progressivement un symbole concret des ambitions économiques et géostratégiques du Royaume. À l’occasion de la troisième édition de la Policy Conference de la Coalition pour l’Autonomie au Sahara, les participants ont pu mesurer sur le terrain l’ampleur de ce projet structurant, dont l’état d’avancement atteint déjà près de 57 %.
La visite ne relevait pas du protocole. Elle s’inscrit dans une volonté de démonstration : montrer comment les provinces du Sud s’intègrent dans une stratégie de développement à long terme, tournée vers l’Afrique et les échanges internationaux. Le futur port ambitionne en effet de positionner la région de Dakhla-Oued Eddahab comme un hub maritime majeur, capable de capter les flux commerciaux et de stimuler les industries liées à la mer.
Ce projet s’inscrit dans le nouveau modèle de développement des provinces du Sud, avec une portée qui dépasse les frontières nationales. Pour plusieurs participants, dont Souleymane Satigui Sidibé, cette infrastructure représente une opportunité stratégique pour les pays sahéliens enclavés, en leur offrant un accès direct à l’océan Atlantique — un levier potentiellement déterminant pour leur commerce extérieur et leur intégration régionale.
Au-delà des infrastructures, la visite a également mis en lumière un autre pilier de cette dynamique : le capital humain. Les délégations ont découvert les capacités de formation de École nationale de commerce et de gestion de Dakhla et de École supérieure de technologie de Dakhla, deux établissements appelés à accompagner la montée en puissance économique de la région. L’enjeu est clair : former une nouvelle génération de compétences capables de soutenir l’industrialisation et les échanges régionaux.
L’impression globale laissée aux participants est celle d’un écosystème en construction, où infrastructures, formation et vision stratégique avancent de manière coordonnée. Pedro Diaz de la Vega Garcia a notamment souligné la qualité des installations et le potentiel du projet, y voyant un levier de développement non seulement pour le Maroc, mais pour l’ensemble du continent africain.
En toile de fond, les discussions ont également porté sur les évolutions diplomatiques liées à la question du Sahara marocain, dans un contexte marqué par l’adoption récente de la résolution 2797 du Conseil de sécurité de l’ONU. Le développement économique et les investissements structurants apparaissent ainsi comme des éléments indissociables d’une stratégie plus globale.





