Le déficit commercial du Maroc s’est fortement alourdi au cours des sept premiers mois de 2026. Selon les dernières données de l’Office des changes, il atteint désormais 244,69 milliards de dirhams, en progression de 26,5% sur un an. Cette évolution s’explique principalement par une hausse des importations nettement supérieure à celle des exportations.
Entre janvier et juillet, les importations de biens ont atteint 544,045 milliards de dirhams, affichant une progression de 15,9%, soit 74,481 milliards de dirhams supplémentaires par rapport à la même période de 2025. Les exportations se sont, de leur côté, établies à 299,34 milliards de dirhams, en hausse de 8,4%, soit 23,174 milliards de dirhams de plus.
Cette dynamique a entraîné un recul du taux de couverture de 3,8 points, à 55%. Autrement dit, la progression des ventes marocaines à l’étranger ne suffit pas encore à compenser le rythme auquel les achats du Royaume progressent.
La facture des importations est notamment tirée par plusieurs catégories. Les produits bruts ont enregistré une hausse de 52,2%, atteignant 36,939 milliards de dirhams. La facture énergétique s’est élevée à 81,195 milliards, en augmentation de 29,1%. Les produits finis d’équipement ont progressé de 20,8%, à 133,203 milliards de dirhams, tandis que les produits finis de consommation ont atteint 129,873 milliards, soit une hausse de 12,3%.
Du côté des exportations, l’industrie automobile continue de jouer un rôle moteur. Les ventes du secteur ont atteint 107,14 milliards de dirhams, en progression de 14,9% sur un an. Les exportations liées à la construction automobile ont augmenté de 19,9%, celles du câblage de 13,8%, tandis que le segment de l’extérieur a enregistré une progression particulièrement marquée de 47,9%.
L’aéronautique affiche également une performance soutenue. Ses exportations ont progressé de 19,7%, pour atteindre 20,56 milliards de dirhams, portées notamment par la hausse des ventes dans l’assemblage et les systèmes de câblage électrique et d’interconnexion.
L’agriculture et l’agroalimentaire ont également contribué à la progression des exportations, avec une hausse de 7%. L’industrie alimentaire s’est distinguée avec une croissance de 13,3%.
Toutes les filières ne suivent cependant pas cette tendance. Les exportations de phosphates et dérivés ont reculé de 7,8%, tandis que celles du textile et cuir ont diminué de 5,5%. Le secteur de l’électronique et de l’électricité affiche également une baisse de 2,9%.
Le creusement du déficit intervient parallèlement à une évolution favorable de plusieurs autres composantes des échanges extérieurs. Les recettes Voyages ont atteint 79,009 milliards de dirhams à fin juillet, en hausse de 13,4% sur un an. Les transferts des Marocains résidant à l’étranger se sont également élevés à 74,78 milliards de dirhams, progressant de 8,1%.
Les investissements directs étrangers affichent, eux aussi, une nette progression. Leur flux net s’est établi à 29,473 milliards de dirhams au terme des sept premiers mois de l’année, soit une hausse de 58,5% sur un an. Les recettes liées aux IDE ont progressé de 6,3%, à 39,109 milliards de dirhams, tandis que les dépenses ont diminué de 47%, à 9,636 milliards.
Les chiffres des échanges extérieurs traduisent ainsi une économie marocaine toujours portée par ses filières exportatrices industrielles, mais confrontée à une progression beaucoup plus rapide des importations. L’automobile et l’aéronautique continuent de renforcer leur contribution aux ventes extérieures, alors que l’augmentation de la facture énergétique, des biens d’équipement et des produits de consommation pèse davantage sur le solde commercial.




