Droits de douane : le Maroc maintient une protection élevée de son agriculture

Le Maroc continue de privilégier une politique douanière qui protège son agriculture tout en soutenant le développement industriel. C’est ce que met en évidence l’édition 2026 des profils tarifaires mondiaux publiée par Organisation mondiale du commerce, le Centre du commerce international et la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement.

En 2025, le droit de douane moyen appliqué par le Royaume sur les produits importés s’est établi à 12,9 %. Ce niveau reste nettement inférieur au plafond moyen de 41,3 % autorisé dans le cadre des engagements pris auprès de l’OMC, offrant ainsi aux autorités marocaines une marge de manœuvre importante pour adapter leur politique commerciale.

L’agriculture demeure le secteur le plus protégé. Les produits agricoles supportent un droit de douane moyen de 30,5 %, contre seulement 10,1 % pour les produits non agricoles. Les viandes, les animaux vivants, les produits laitiers, les boissons, les fruits, les légumes ainsi que les articles d’habillement figurent parmi les catégories les plus fortement taxées. Pour certains produits, les droits peuvent atteindre jusqu’à 200 %.

À l’inverse, le Maroc applique une fiscalité plus favorable aux équipements destinés à l’industrie. Les machines, les produits chimiques, les équipements électriques ou encore le matériel de transport bénéficient de niveaux de taxation réduits afin de soutenir les investissements productifs, d’améliorer la compétitivité des entreprises et de faciliter l’approvisionnement des secteurs industriels.

Sur le plan des échanges commerciaux, l’Union européenne demeure le principal partenaire du Maroc. Les accords préférentiels permettent à une grande partie des exportations marocaines, aussi bien agricoles qu’industrielles, d’accéder au marché européen avec peu ou pas de droits de douane. À l’inverse, certains marchés internationaux, notamment l’Inde, appliquent des barrières tarifaires plus élevées aux produits marocains.

Le rapport souligne également que le Royaume continue de disposer de plusieurs instruments de défense commerciale, notamment douze mesures antidumping et trois mesures de sauvegarde destinées à protéger certaines filières nationales face aux pratiques commerciales jugées déloyales.

Comparé à d’autres économies, le niveau moyen de protection douanière du Maroc demeure inférieur à celui de la Tunisie, de la Turquie ou de l’Inde, tout en restant supérieur aux niveaux observés dans l’Union européenne, en Chine ou encore aux États-Unis. Cette stratégie traduit la volonté du Royaume de préserver les secteurs agricoles sensibles tout en encourageant les investissements industriels et le développement de son appareil productif.

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