À Imilchil, les Marocains du monde ne sont plus seulement considérés comme une source de transferts financiers. Leur expertise, leurs réseaux et leur engagement associatif sont désormais présentés comme des leviers du développement territorial.
La 8ᵉ édition du Festival des Marocains du monde, organisée du 11 au 14 août à Imilchil, a réuni plus de 100 participants venus du Maroc et de huit pays : Espagne, France, Italie, Belgique, Pays-Bas, Allemagne, Norvège et Canada. Des représentants de collectivités territoriales ont également participé aux échanges.
Organisé par plusieurs associations avec le soutien du Conseil de la communauté marocaine à l’étranger, le rendez-vous a mis l’accent sur une nouvelle approche de la contribution des MRE. L’objectif est de mieux connecter leurs compétences aux besoins des territoires marocains.
L’expérience d’Imilchil montre ainsi que l’apport des Marocains établis à l’étranger dépasse largement l’investissement ou les transferts d’argent. Ils disposent également de compétences professionnelles, de réseaux internationaux et d’expériences associatives pouvant servir directement aux territoires d’origine.
Cette orientation prend une importance particulière dans les zones rurales et montagneuses. À Imilchil, les discussions ont porté sur les moyens de rapprocher les initiatives locales des compétences et des partenaires capables de les accompagner.
Les jeunes et les femmes figurent parmi les bénéficiaires potentiels de cette dynamique. Les organisateurs souhaitent notamment faciliter l’émergence de projets locaux et créer davantage de passerelles avec les coopératives de la vallée.
Le festival a également permis de mettre en avant des activités économiques déjà présentes sur le territoire. Les participants ont visité les lacs Isly et Tislit, avec des échanges consacrés à l’écotourisme et à la valorisation durable des ressources naturelles.
D’autres visites ont conduit les participants à Bouzmou, auprès d’une coopérative spécialisée dans la production de jus et de vinaigre de pommes, puis à Anfgou, où la coopérative Thysia œuvre à la préservation du tissage traditionnel amazigh.
Les rencontres thématiques ont élargi cette réflexion à l’entrepreneuriat des jeunes, à l’économie sociale et solidaire ainsi qu’aux mécanismes de financement et d’accompagnement des initiatives locales.
Une autre priorité consiste à améliorer la coopération entre les Marocains du monde, les collectivités territoriales et les différents acteurs du développement. L’idée est de passer d’initiatives dispersées à des partenariats plus structurés et adaptés aux besoins de chaque territoire.
Le patrimoine local a également été intégré à cette stratégie. Le mariage traditionnel, les expositions consacrées à la handira et au patrimoine amazigh ainsi qu’un film consacré à l’histoire et aux origines ont rappelé que la culture peut elle aussi devenir une ressource pour le développement territorial.
L’enjeu est désormais de prolonger cette dynamique au-delà du festival. Les organisateurs souhaitent renforcer les liens entre associations de Marocains du monde et acteurs locaux, mieux faire connaître les dispositifs de financement et partager les expériences réussies.
La création de PAIS-MdM constitue une étape supplémentaire dans cette démarche. Cette plateforme cherche à mettre en réseau les associations de MRE engagées dans des projets solidaires et à mutualiser leurs compétences et leurs expériences.
Créé en 2016, le Festival des Marocains du monde s’est progressivement transformé en espace de rencontre et de coopération. À Imilchil, cette huitième édition a confirmé une évolution de fond : faire des Marocains du monde des partenaires actifs du développement des territoires marocains.





