Rabat s’apprête à vivre une année symbolique. Désignée Capitale mondiale du livre 2026 par UNESCO, la capitale marocaine ne célèbre pas seulement la lecture : elle ouvre une séquence stratégique où culture, savoir et rayonnement international se rejoignent.
À partir du 24 avril 2026, la ville lancera officiellement cette année exceptionnelle, avant d’enchaîner avec la 31e édition du Salon international de l’édition et du livre. Deux rendez-vous majeurs qui traduisent une volonté claire : replacer le livre au centre de l’espace public, dans une époque dominée par l’instantanéité numérique et la surabondance de contenus.
Au Maroc, cette reconnaissance internationale dépasse le cadre culturel classique. Le livre y est présenté comme un outil d’éducation, de transmission et d’ouverture. Les autorités mettent en avant l’élargissement de l’accès à la lecture, le soutien aux industries créatives et la démocratisation du savoir. Une orientation qui fait de la culture un levier concret de développement.
Le choix de Rabat repose aussi sur la montée en puissance de son écosystème éditorial. Librairies, maisons d’édition, événements littéraires et institutions académiques participent à faire de la capitale un carrefour intellectuel à l’échelle régionale. Avec son grand salon du livre, la ville confirme également son rôle croissant sur la scène africaine.
Cette dimension continentale donne une portée particulière à l’événement. Après Port Harcourt, Conakry ou Accra, Rabat inscrit le Maroc dans une dynamique africaine où le livre devient un instrument de circulation des idées, de formation des jeunesses et de consolidation culturelle.
Reste désormais l’enjeu principal : transformer le prestige du label en résultats durables. L’impact réel se mesurera à la place du livre dans les écoles, les quartiers, les bibliothèques et la vie quotidienne. Si cette ambition est tenue dans le temps, Rabat pourrait marquer bien plus qu’une année culturelle : un tournant pour la politique du savoir au Maroc.





