La scène culturelle marocaine perd l’une de ses figures les plus singulières. Le cinéaste, acteur et dramaturge Nabil Lahlou est décédé jeudi à Rabat à l’âge de 81 ans, selon des informations communiquées par sa famille. L’inhumation doit avoir lieu le même jour après la prière d’Al Asr au cimetière Chouhada de Rabat.
Figure marquante du cinéma marocain moderne, Nabil Lahlou s’était imposé dès les années 1970 avec un univers artistique atypique et audacieux. Son film “Kanfoudi”, sorti en 1978, avait particulièrement attiré l’attention du public et des critiques avant qu’il ne poursuive son parcours avec plusieurs productions devenues des références du cinéma national, notamment “Le Gouverneur général de l’île de Chakerbakerbane”, “Ibrahim Yash” ou encore “L’Âme qui brait”.
Au-delà du grand écran, l’artiste avait également laissé une empreinte forte dans le théâtre marocain. Passionné par les œuvres de William Shakespeare, il avait revisité plusieurs textes classiques dans une approche contemporaine et marocaine. Sa pièce “Ophélie n’est pas Morte”, inspirée de l’univers de “Hamlet”, avait notamment marqué les débuts de son aventure théâtrale. D’autres créations comme “Salahef” avaient également contribué à renforcer sa réputation d’auteur engagé et innovant.
Malgré les décennies, Nabil Lahlou était resté actif sur la scène culturelle. Sa dernière création, “Macha Machmacha veut un rôle dans le film Le Procès de Socrate”, avait été présentée en mars 2026 au Théâtre National Mohammed V, confirmant sa volonté de continuer à expérimenter et à défendre un théâtre libre et provocateur.





