À Rabat, au cœur du Salon international de l’édition et du livre, une série d’images attire les regards et raconte, sans discours, la mutation silencieuse de deux villes marocaines. Sur les murs du stand de Agence nationale pour la rénovation urbaine et la réhabilitation, les clichés opposent l’avant et l’après, révélant la profondeur des transformations engagées à Rabat et à El Hajeb.
L’exposition ne se limite pas à une simple juxtaposition photographique. Elle met en tension des réalités urbaines fragiles, notamment à travers le traitement des bâtiments menaçant ruine, et les réponses concrètes apportées sur le terrain. À Rabat, les images documentent des interventions menées dans le cadre de programmes régionaux de réhabilitation, où la préservation du patrimoine architectural s’articule avec des impératifs de sécurité et de durabilité.
À El Hajeb, le récit visuel change d’échelle. Le quartier d’Akachmir devient le symbole d’une transformation plus globale, intégrant réaménagement des espaces publics, relance de l’activité locale et valorisation des ressources naturelles. Derrière ces images, une logique d’intervention qui dépasse la simple rénovation pour repenser les usages urbains et renforcer le lien social.
Portée en partenariat avec le ministère de l’Aménagement du territoire, cette initiative s’inscrit dans une volonté plus large : rapprocher la production technique et scientifique du grand public. Selon Idriss Bouzerzait, cette présence au SIEL vise à rendre accessibles des travaux issus de disciplines variées, allant de l’architecture à la sociologie, en passant par l’urbanisme et les sciences exactes.
Même lecture du côté de Kawtar Samih, qui insiste sur la dimension humaine de ces projets. Au-delà des infrastructures, l’agence cherche à raconter des trajectoires, à montrer des lieux de vie en mutation et à inscrire la rénovation dans une approche inclusive, centrée sur les habitants.
Autour de cette exposition, la programmation s’étend bien au-delà des images. Conférences, ateliers pédagogiques, rencontres et colloques viennent enrichir la participation du ministère, transformant cet espace en plateforme d’échange sur les enjeux urbains contemporains.





